Méthodologie & sources
Comment fonctionne La Rochelle Vote, d'où viennent les données, ce qu'il faut savoir pour les lire correctement.
1. Sources des données
1.1 Résultats électoraux
Les résultats par bureau de vote sont compilés à partir de plusieurs sources publiques, mais souvent difficilement accessibles. Le plus simple, c'est évidemment les résultats par bureau en ligne sur data.gouv ou sur le site Open data La Rochelle. Mais, au mieux, cela ne remonte qu'à 1999. Pour les résultats plus anciens, il s'agit de demandes personnelles de l'autrice effectuées auprès du service des élections de la ville de La Rochelle, il y a près de vingt ans. Certains résultats sont aussi issus des archives du journal Sud Ouest, qui publie les lendemains d'élections les résultats par bureaux — des archives consultées soit auprès du journal lui-même, soit via les archives départementales de la Charente-Maritime.
1.2 Découpage des bureaux & cartes
C'est peut-être la donnée la plus précieuse et la plus difficile à trouver : le découpage des bureaux de vote. Au niveau national, cette donnée a seulement quelques années, et reste bien imprécise. De plus, au niveau local, les redécoupages sont réguliers : 30 bureaux de vote à La Rochelle en 1965, 40 en 1988, 61 en 2026 ! Les données récentes, depuis le redécoupage majeur de 2015, sont issues du site Open data La Rochelle. Avant cette date, il n'existe pas de découpage officiel dans un format praticable et toutes les cartes du site sont donc des réalisations manuelles de l'autrice. À partir de 2007, les références sont des fichiers PDF récupérés auprès du service des élections de la ville de La Rochelle. À partir de 1993, la référence est une carte papier, griffonnée au gré des redécoupages suivants mais tout de même assez précise. Reste le cas de 1988, expliqué plus bas. Pour les années précédentes, c'est encore un chantier… si jamais vous avez des informations, n'hésitez pas à contacter La Rochelle Vote.
Concrètement, en l'état actuel des choses, le site distingue plusieurs
« ères » géographiques : 1988, 1993,
1996, 2004, 2007, 2010,
2012, 2015, 2022, 2026. À chaque ère
correspond un fond de carte propre et un système de numérotation cohérent à l'intérieur de
la période. Les noms des bureaux sont des créations de l'autrice — car les numéros changent
souvent — pour que les bureaux soient plus géographiquement évocateurs ; le nom
officiel de chaque bureau est toujours présent.
1.3 Métadonnées des candidat·es
Pour chaque candidat·e ou tête de liste identifié·e, le site stocke un nom, un prénom, un parti politique, un bloc politique large, une ou des famille·s politique·s fine·s, des alliés et une couleur. Ces métadonnées sont saisies manuellement et révisées scrutin par scrutin : un·e même candidat·e peut changer d'étiquette politique entre deux élections, et le site reflète ces évolutions.
1.4 Métadonnées des bureaux de vote
Au-delà des résultats, le site stocke pour chaque bureau un ensemble de métadonnées : son numéro officiel (qui peut changer entre deux ères), une dénomination géographiquement parlante (« Médiathèque–Ville-en-Bois », « Église de La Genette », « Parc Kennedy »…) qui lui donne une identité principale sur le site, son nom officiel (souvent le nom du bâtiment qui l'accueille ou simplement le nom du quartier), son rattachement à un quartier, parfois deux, et son canton (découpage 1985 puis découpage 2015). Ces informations sont saisies manuellement et harmonisées entre les ères grâce à la table de correspondances décrite plus bas (§2.3).
Pour les bureaux ayant changé de numéro ou de localisation au cours du temps, la table maintient une chaîne d'identités historiques qui permet de retracer la trajectoire d'un même territoire depuis 1988, autant que faire se peut.
2. Lecture des données
2.1 Les blocs politiques
Pour permettre une lecture transversale d'élections très différentes, chaque candidat·e est rangé·e dans un bloc politique large. Le découpage par défaut comprend quatre blocs :
- Gauche — de l'extrême gauche à la gauche modérée
- Centre — partis du « bloc central » et divers centre
- Droite — de la droite libérale à la droite conservatrice
- Extrême-droite — RN, FN, et proches
Trois autres regroupements (à 2, 3 ou 5 blocs) sont disponibles dans la page d'analyse pour des lectures alternatives.
En deux blocs :
- Gauche — de l'extrême gauche à la gauche modérée
- Droite — des centristes à l'extrême droite incluse
En trois blocs :
- Gauche — de l'extrême gauche à la gauche modérée
- Centre — partis du « bloc central » et divers centre
- Droite — de la droite libérale à l'extrême droite incluse
En cinq blocs :
- Extrême-gauche — LO, LCR, NPA…
- Gauche — de LFI et du PCF à Place publique
- Centre — partis du « bloc central » et divers centre
- Droite — de la droite libérale à la droite conservatrice
- Extrême-droite — RN, FN, et proches
2.2 Les familles politiques
Outre les blocs, qui permettent des comparaisons sur la longue période, chaque candidat·e ou tête de liste peut être rattaché·e à une ou plusieurs familles politiques fines. C'est un « work in progress » qui n'est pas parfait, mais a le mérite d'offrir une analyse un peu plus fine. Liste utilisée sur le site, par défaut, de la gauche à l'extrême droite puis catégories particulières :
- Extrême gauche — LO, NPA, LCR…
- Gauche radicale — LFI, PCF, Front de gauche…
- Gauche modérée — PS, PRG, divers gauche modérés…
- Gauche écologiste — Les Verts (depuis 1995) et ses différentes itérations depuis, Génération·s, José Bové…
- Écologistes — tous les écologistes, de droite, de gauche ou d'ailleurs, depuis les premières candidatures.
- Centristes — UDF à partir de 2007, puis MoDem, UDI depuis 2022.
- Macronistes — EM, LREM, RE…
- Droite libérale — Démocratie libérale, globalement l'UDF pré-2007.
- Droite républicaine — RPR, UMP, LR…
- Droite conservatrice — Christine Boutin, PCD…
- Souverainistes — RPF, DLF, MPF, mais aussi souverainistes de gauche.
- Extrême droite — FN, RN, Reconquête, MNR…
- Chasseurs-ruralistes — CPNT, LMR, Jean Lassalle…
- Animalistes — Parti animaliste.
Important : un·e même candidat·e ou tête de liste peut appartenir à plusieurs familles à la fois (ex. un·e écologiste peut être à la fois « gauche modérée » et « écologistes »), et les scores des familles ne s'additionnent donc pas mécaniquement, contrairement aux blocs.
2.3 Le découpage en ères et les redécoupages
Lorsqu'un redécoupage des bureaux de vote a lieu, plusieurs cas de figure se présentent :
- Bureau inchangé : même numéro, même périmètre territorial.
- Numéro modifié : le bureau garde son périmètre mais change de numéro (depuis 2007, les créations de bureaux ont lieu « en fin de liste » et ne décalent plus les numéros des bureaux existants).
- Redécoupage mineur : quelques rues changent de bureau — indiqué par un macaron jaune dans la partie analyse.
- Redécoupage majeur : un ou plusieurs pâtés de maisons changent de bureau — indiqué par un macaron orange dans la partie analyse.
- Création de bureau : un ancien bureau est coupé en deux, ou deux en trois — indiqué par un macaron vert dans la partie analyse.
Le site reconstitue ces filiations dans une table de correspondances bidirectionnelle : à chaque bureau de la carte 2026 (la plus récente, prise comme référence) correspond une chaîne d'ancêtres territoriaux dans toutes les ères précédentes. Cette continuité permet de suivre l'évolution politique d'un même territoire sur plus de trente ans, malgré les changements géographiques.
2.4 Les modes de coloration de la carte
Sur la page Carte, chaque bureau de vote est colorié selon l'un des quatre modes de coloration sélectionnables dans la légende :
- Candidat·e — chaque bureau prend la couleur du candidat·e (ou tête de liste) arrivé·e en tête. Cliquer sur un nom dans la légende bascule en mode « choroplèthe » : la carte se colore alors selon le score de cette personne dans chaque bureau, du plus pâle (score le plus bas) au plus saturé (le plus haut).
- Bloc politique — chaque bureau est colorié selon le bloc politique majoritaire (gauche, centre, droite, extrême droite). Cliquer sur un bloc dans la légende active le choroplèthe pour ce bloc.
- Abstention — choroplèthe du taux d'abstention, du clair (faible) au foncé (élevé).
- Blancs / nuls — choroplèthe du taux de bulletins blancs ou nuls.
Le mode actif et la sélection sont mémorisés dans l'URL (le hash) — ce qui permet de partager un lien qui ouvre directement une vue précise.
2.5 Les graphiques d'analyse
La page Analyse permet de comparer plusieurs scrutins en parallèle, sur trois décennies. Plusieurs options de visualisation sont disponibles :
- Courbes — chaque bloc ou famille a sa courbe d'évolution dans le temps. Idéal pour repérer des tendances longues, des pics ou des effondrements.
- Empilés — chaque scrutin est une barre verticale empilée par bloc / famille. Permet de visualiser d'un coup d'œil le partage du gâteau électoral à chaque échéance.
- % / Voix — bascule entre pourcentage des suffrages exprimés (lecture relative) et nombre absolu de voix (lecture en valeur, sensible aux variations de la participation).
- Blocs / Familles — choix entre la lecture en blocs larges (2, 3, 4 ou 5 blocs) et la lecture en familles politiques fines.
2.6 Les comparaisons
En vue quartier ou bureau, l'analyse permet de comparer les résultats à une référence :
- Comparer à la ville entière — superpose la courbe des résultats globaux de La Rochelle aux résultats du quartier ou du bureau étudié. Permet de voir l'écart : ce quartier vote-t-il plus à gauche, plus à droite, plus blanc ou plus abstentionniste que la moyenne municipale ? Cet écart évolue-t-il dans le temps ?
- Comparer à un quartier de référence — pour comparer un bureau à son quartier, ou un quartier à un autre.
- Base 100 — réécriture des résultats en indice base 100 par rapport à la référence. Comment un quartier ou un bureau évolue relativement à la ville ? C'est l'outil idéal pour le savoir.
3. Limites connues
3.1 Continuité des candidat·es entre élections
Pour les données actuellement sur le site, il n'y a aucune difficulté à identifier chacun·e des candidat·es. Mais les données ont vocation à s'élargir et il n'est pas exclu qu'il soit plus difficile d'identifier un·e « Dupont » en 1973 et un·e « Dupont » en 1985. Cela demande un long travail manuel. Le site applique cette mise en correspondance avec prudence et signale les cas ambigus.
3.2 Zones d'incertitude
Pour les ères à partir de 2007, les contours sont toujours rigoureusement exacts. Entre 1993 et 2004, les frontières sont dans quelques endroits déduites par l'évidence des contraintes des limites de cantons qui, elles, ne changent que très rarement. Pour l'ère 1988, c'est beaucoup plus compliqué : les déductions sont plus nombreuses ; à Mireuil et Saint-Maurice, les limites sont des propositions hypothétiques et sont présentées comme telles. Pour trois bureaux de La Genette et trois bureaux de Saint-Éloi/Sud de Lafond, il n'y a aucun indice, et les résultats de ces deux zones sont donc présentés en agrégation dans une large zone géographique.
3.3 Bureaux redécoupés ou scindés
Quand un bureau historique a été divisé en plusieurs, ses résultats anciens sont attribués à l'ensemble des bureaux héritiers — ce qui fausse en partie les comparaisons fines bureau-à-bureau pour ces ères. Les choix opérés sont néanmoins totalement traçables dans la table de correspondances et indiqués dans la partie analyse.
3.4 Données manquantes
Les scrutins d'avant 1988 sont en partie connus, mais sans les cartes correspondantes. Depuis 1988, il manque : les cantonales de 1988, le référendum de 1988, les municipales de 1989, les européennes de 1989, les régionales de 1992, les cantonales de 1992, les cantonales de 1994, les européennes de 1994 et les cantonales de 1998.
Si vous repérez une erreur ou une donnée manquante, merci de nous la signaler : chaque correction améliore la base partagée par tou·tes les utilisateur·ices du site.
4. Glossaire
- Bureau de vote — unité géographique élémentaire d'enregistrement et de comptage des suffrages. 30 bureaux à La Rochelle en 1965, 40 en 1988, 61 en 2026.
- Quartier — regroupement géographique de bureaux, défini conventionnellement par l'autrice pour faciliter les agrégations à l'échelle d'un quartier rochelais (Centre-Ville, Mireuil, Villeneuve-les-Salines, Lafond, La Genette, etc.).
- Ère — période de validité d'un découpage administratif des bureaux : 1988, 1993, 1996, 2004, 2007, 2010, 2012, 2015, 2022, 2026. Chaque ère a ses propres limites de bureaux.
- Bureau agrégé — quand un bureau historique a été scindé ou n'a pas pu être localisé précisément, ses résultats sont attribués à un groupe de bureaux contemporains, indiqué sur la carte par une zone élargie.
- Bloc politique — regroupement large de candidat·es ou listes pour la lecture transversale (gauche, centre, droite, extrême droite). 2, 3, 4 ou 5 blocs selon le mode choisi.
- Famille politique — sous-catégorie politique fine (gauche modérée, écologistes, souverainistes, etc.). Une·e même candidat·e peut appartenir à plusieurs familles à la fois.
- Suffrages exprimés — total des bulletins valables (hors blancs et nuls). Le pourcentage d'un·e candidat·e est par défaut calculé sur les exprimés.
- Blancs / nuls — bulletins non comptabilisés dans les exprimés (vote blanc, bulletins abîmés, plusieurs bulletins, etc.).
- Abstention — proportion d'inscrit·es n'ayant pas voté. Calculée sur les inscrit·es du bureau.
- Choroplèthe — carte où chaque zone géographique (ici un bureau) est coloriée selon une valeur quantitative (score d'un·e candidat·e, taux d'abstention…).
- Table de correspondances — fichier interne qui relie chaque bureau de la carte 2026 à ses ancêtres territoriaux dans les ères précédentes. Permet de suivre l'évolution politique d'un même territoire malgré les redécoupages.
5. Confidentialité & technique
Le site ne collecte aucune donnée personnelle identifiable : pas de cookie de tracking, pas de compte utilisateur, pas de profilage. Tout fonctionne côté client (dans le navigateur) : les données électorales sont chargées une fois sous forme de fichiers JavaScript, puis manipulées localement. Aucun appel ne sort vers un serveur applicatif.
Une mesure d'audience anonyme est assurée par Cloudflare Web Analytics, qui fournit des statistiques agrégées (nombre de visites, pages les plus consultées, pays d'origine) sans cookie ni identifiant individuel. Aucune donnée n'est stockée côté navigateur, et il n'est pas possible de tracer un·e visiteur·euse précis·e.
La carte utilise les fonds d'OpenStreetMap, servis par CARTO. Ces requêtes permettent à OpenStreetMap/CARTO de connaître l'IP du visiteur·euse et la zone consultée — c'est inhérent à toute carte web utilisant des tuiles tierces.
Le site est hébergé en statique (HTML/CSS/JS) sur GitHub Pages, derrière un domaine custom
larochellevote.fr. Pas de serveur applicatif, pas de base de données distante.